Commençons par un peu de théorie.
La résistance thermique (R), exprimée en m2.K/W, s’obtient par le rapport entre l’épaisseur (en mètres) et la conductivité thermique λ (lambda) du matériau considéré.
Ce R est donc un bon indicateur pour les isolants traditionnels (laine de verre, laine de roche par exemple) travaillant par conduction thermique. Plus cet isolant sera épais (à lambda égal), plus il sera isolant.
Plus le R sera élevé, plus l’isolant fonctionnant par conduction thermique sera efficace.
MAIS les isolants minces réfléchissants ne fonctionnent pas par conduction thermique mais par réflexion
Le R n’est donc absolument pas un indicateur de leur efficacité.
Pourquoi le R n’est pas un bon indicateur de l’efficacité des isolants minces réfléchissants ?
Les isolants minces réfléchissant fonctionnant sur le principe de la réflexion (réflexion des rayonnements thermiques) et étant par nature peu épais, ils obtiennent un R faible peu importe leurs qualités d’isolation.
Toutefois, on constate une diminution importante de la consommation d’énergie pour les maisons ayant remplacé leur isolation traditionnelle par des isolants minces réfléchissants.
Objectivement, la consommation d’énergie est un facteur beaucoup plus important pour l’utilisateur que la résistance thermique (R). Le R n’est finalement qu’une mesure permettant de comparer entre eux les isolants traditionnels fonctionnant par conduction.
L’objectif de l’isolation d’une maison étant notamment et quasi prioritairement de réduire les consommations d’énergie et donc, les factures de ses habitants.
Le SFIRMM (Syndicat des Fabricants d’iIolants Minces Multicouches Réflecteurs) a réalisé une étude comparative estimant la consommation d’énergie in situ, effectuée en période estivale puis en période hivernale.
En période estivale, la consommation d’énergie du bâtiment isolé avec un isolant mince a été inférieure de 70 % à celle du bâtiment non isolé. De plus, l’économie d’énergie constatée sur le bâtiment isolé d’un isolant mince multicouche réflecteur dépasse de 29 % celle obtenue dans le bâtiment isolé avec 200 mm de la laine minérale.
Cette même étude a ensuite été réalisée durant 15 semaines in situ en hiver et a permis d’arriver aux mêmes conclusions. Le bâtiment équipé de l’isolant mince multicouche réflecteur a consommé 28% d’énergie en moins par rapport au bâtiment isolé avec de la laine minérale.
Pourquoi le R est-il présenté comme le facteur-clé de l’isolation ?
La première raison est la suivante : il existe des intérêts économiques majeurs expliquant pourquoi cet élément R est présenté comme le facteur-clé de l’isolation.
En effet, les grands fabricants d’isolation traditionnels ne souhaitent pas perdre leurs parts de marché suite à l’arrivée d’un nouveau facteur-clé comme la mesure de la consommation d’énergie in situ par exemple qui serait en leur défaveur, contrairement au R actuellement.
La seconde raison est plus subtile. Les fabricants d’isolants traditionnels et le gouvernement ont un intérêt commun à utiliser le facteur R. En effet, lorsque les fabricants d’isolants traditionnels proposent au gouvernement d’imposer une résistance thermique (R) plus élevées prétextant des avancées techniques, ils le font dans un unique objectif de rentabilité.
En effet, une augmentation du R, décidée par le gouvernement, signifie pour eux qu’ils vont vendre un isolant plus épais. Donc, bien qu’ils ne vendront pas plus de surface d’isolants que les années précédentes, ils vendront un isolant plus épais et donc plus cher. Le gouvernement, de son côté, justifie cette augmentation de l’épaisseur de l’isolant par un souci de préservation de l’environnement. Mieux isoler les bâtiments permet en effet de consommer moins d’énergie et donc de préserver l’environnement.
Ainsi donc, l’utilisation du facteur R sert à la fois les intérêts des fabricants d’isolants traditionnels, d’une part, et ceux du gouvernement qui impose un R de plus en plus élevé justifié par la préservation de l’environnement, d’autre part.
En conclusion ?
Le consommateur ne doit pas être dupe. La résistance thermique (R) n’est qu’un chiffre parmi d’autres et il est particulièrement favorable aux isolants fonctionnant sur le principe de la conduction (isolants traditionnels), ce qui n’est pas le cas des isolants minces réfléchissants.
Les isolants minces réfléchissants sont d’excellents produits qu’il convient d’étudier objectivement lors de la conception de tout projet de construction ou de rénovation de bâtiment.